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A Propos Du Sommet Mondial Sur La Societe De L'information
Du 16 au 18 novembre 2005, à l'appel de l'Union Internationale des Télécommunications, la deuxième phase du sommet mondial sur la Société de l'Information se tient à Tunis ; l'objectif proclamé est de réduire «la fracture numérique» entre les grands pays capitalistes et les pays dominés du Tiers-Monde . En réalité, cette fracture numérique est la manifestation du fossé profond qui existe entre, d'une part, une minorité formée par les grands Etats impérialistes qui défendent les intérêts des spéculateurs boursiers et des patrons des grandes entreprises industrielles, agricoles, financières, culturelles et de la communication, et d'autre part, l'immense majorité des habitants de la planète; la situation de ces derniers se dégrade de jour en jour en raison des orientations libérales que les grands Etats impérialistes cherchent à étendre et à imposer aux pays dominés du Tiers-Monde, sous couvert des institutions financières comme la Banque mondiale, le FMI ou l'OMC . A la tête de ces Etats impérialistes, se trouvent les Etats Unis d'Amérique qui ont le contrôle exclusif de l'Internet ; les grandes entreprises nord-américaines dominent tous les secteurs de l'informatique: production, commercialisation, recherche, développement technologique, hébergement et contrôle. Cette domination totale et exclusive leur permet de propager sans frein l'idéologie capitaliste libérale et de fomenter les politiques agressives des USA à l'encontre des peuples du monde, notamment des peuples et nations opprimés du Tiers-monde, tout en répandant la sous-culture des ultra-conservateurs des USA et en marginalisant les cultures nationales des autres pays du monde. Les Etats -Unis cherchent à utiliser leur position dominante dans le secteur de l'informatique et de la communication pour imposer leur hégémonie économique et militaire dans le monde, compte-tenu du rôle de ce secteur dans la gestion en temps réel des entreprises et des affaires économiques, militaires et sécuritaires tant à l'échelle des Etats que des individus. A l'instar d'autres sommets, comme le sommet de l'OMC à Doha, le sommet de Tunis verra s'afficher des rivalités entre d'une part les USA, et d'autre part des pays d'Europe, le Japon et d'autres grands pays qui veulent restreindre la domination nord-américaine et obtenir des avantages en faveur de leurs entreprises. Il sera aussi l'occasion pour certains Etats, comme le Vénézuéla dirigé par le Président Chavez qui résiste aux monopoles impérialistes en Amérique latine, d'affirmer leur volonté d'indépendance. Dans ce contexte, le Parti du Travail Patriotique et Démocratique s'inscrit dans le combat mené par les forces opposées à la mondialisation impérialiste ; il oeuvre avec elles pour amener les USA à abandonner leur monopole sur l'Internet et à trouver une formule de contrôle collectif et démocratique par tous les pays du monde, sur un pied d'égalité. Il appelle les chercheurs et les techniciens, ainsi que les sociétés d'informatique en Tunisie et dans les autres pays arabes et du Tiers-Monde, à compter sur leurs propres forces, développer leur propre production et participer au développement national en faveur des peuples . Par ailleurs, le sommet verra aussi s'affronter l'Union Internationale des Télécommunications, les gouvernements et les organisations internationales d'une part, et d'autre part, venant des quatre coins du monde, des associations non-gouvernementales qui réclament la tenue d'un contre-sommet. Tout en souhaitant la bienvenue aux associations progressistes des pays frères et amis, le Parti du Travail Patriotique et Démocratique appelle le comité d'organisation à assurer les conditions adéquates à la tenue du sommet de la société civile, afin que les forces opposées à la mondialisation libérale puissent exprimer leurs points de vue, conformément aux conventions de l'ONU garantissant la liberté d'opinion et toutes les libertés individuelles et collectives . Sur le plan local, la tenue d'un sommet traitant d'une question aussi sensible que la communication a amené les différentes parties à l'inscrire en tête de leur agenda, afin de bénéficier des feux des projecteurs braqués sur la Tunisie. Dans ce cadre, en recevant les délégations gouvernementales, parmi lesquelles une délégation sioniste et une délégation du gouvernement irakien installé par les forces d'occupation, le pouvoir tunisien cherche à atténuer les pressions qui s'exercent sur lui, à s'assurer le soutien des USA et des pays européens et à attirer les investissements des grandes sociétés. Adossées au soutien affiché par les USA et l'Europe à l'« Islam politique modéré», les forces islamistes ont rassemblé autour d'elles leurs partisans et ont réinvesti officiellement le champ politique; elles ont avancé des slogans trompeurs, adopté certaines revendications du mouvement démocratique, en attendant de se poser comme unique alternative au pouvoir en place; ceci constitue un complot contre notre peuple qui ne pourrait se débarrasser d'une dictature que pour tomber sous le joug d'une autre dictature. Face à cela, le Parti du Travail Patriotique et Démocratique réaffirme son refus de toutes les tentatives de normalisation avec l'Etat sioniste qui n'a cessé de semer la mort, l'exil et la destruction en Palestine; son refus de toute relation avec le gouvernement mis en place par l'occupation en Irak; il rappelle le soutien de notre peuple à la résistance juste et légitime en Palestine, en Irak et dans tous les territoires arabes occupés. Le Parti affirme que la lutte patriotique anti-colonialiste et anti-impérialiste est liée aux revendications démocratiques qui ne peuvent être réalisées qu'en s'appuyant sur les propres forces de notre peuple, sans recours aux forces de domination extérieures, sans alliance avec les tenants de projets passéistes. Parmi ces revendications démocratiques, le Parti réclame la levée de la censure exercée par le pouvoir sur les sites, les journaux, le courrier électroniques des partis d'opposition, des associations indépendantes et de tous les citoyens soumis à de telles mesures. Il réclame la fin des écoutes téléphoniques et du contrôle des moyens de communication des militants politiques et des activistes juridiques; la levée du contrôle et des pressions exercées sur les publinets (cybercafés). Il demande des mesures pour que soient facilités l'achat d'ordinateurs et les connections à l'Internet, ainsi que la connection de tous les organismes éducatifs, afin que les couches populaires et moyennes en Tunisie puissent combler la « fracture numérique ». Le Parti demande avec insistance la révision immédiate du code de la presse et des lois répressives qui permettent de poursuivre et de condamner les utilisateurs de l'Internet pour la simple expression de leur opinion et la libération de tous ceux qui ont été condamnés sur la base de ces lois. Le Parti réaffirme sa confiance : le combat de notre peuple contre le libéralisme sauvage et pour un système véritablement démocratique est un combat juste auquel adhèrent les travailleurs du monde entier, tous les peuples et les nations opprimés, qui aspirent à de nouvelles relations internationales basées sur la liberté, la justice sociale, l'égalité et la paix.
Tunis, le 9 Novembre 2005 PARTI DU TRAVAIL PATRIOTIQUE ET DEMOCRATIQUE |