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Naissance D'une Coalition Démocratique En Rupture Avec Les Islamistes

 

AFP 04.01.06 | 19h25

Les opposants au régime du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali ont annoncé mercredi à la presse à Tunis la création d'une nouvelle "coalition démocratique" en rupture avec l'opposition islamiste.Cette alliance autour d'Ettajdid (Renouveau), parti légal fondé il y a douze ans par des ex-communistes et militants de la gauche démocratique, regroupe en son sein des personnalités indépendantes et deux groupuscules de gauche.Ses promoteurs se démarquent de l'islamisme en déclarant leur "refus absolu de toute action commune avec les (islamistes) porteurs d'un projet fondé sur l'instrumentalisation et l'exploitation de la religion", ont-ils indiqué dans une déclaration écrite."La Tunisie est un pays musulman et aucun parti politique ne peut parler au nom d'Allah!", a noté Mohamed Harmel, chef d'Ettajdid, affirmant son opposition à toute collaboration politique avec le parti islamiste Ennahda (interdit)."Il ne s'agit pas de religion, mais de projet politique", a affirmé Mohamed Kilani, chef des "Communistes Démocrates", membre de la coalition, évoquant notamment le danger que constitue la remise en question par les islamistes du statut juridique libéral des femmes instauré il y a 50 ans en Tunisie."Nous refusons de collaborer aux initiatives intégrant les islamistes car nous rejetons leur projet de société totalitaire", a souligné Mahmoud Ben Romdhane, économiste représentant des indépendants au sein de la coalition."Il est de notre devoir de tirer la sonnette d'alarme sur les dangers qui guettent aujourd'hui la Tunisie", a-t-il poursuivi, dénonçant dans l'ordre "le verrouillage politique grandissant et les thèses islamistes rétrogrades".La création de cette coalition intervient suite au ralliement d'Ennahda au rang de l'opposition démocratique dans le sillage de la grève de la faim d'un mois commencé le 18 octobre par des opposants, dont des islamistes, pour réclamer le respect des libertés publiques et l'élargissement des prisonniers.M. Harmel a aussi justifié la création de cette alliance par la persistance d'un "climat politique fermé" en Tunisie et appelé notamment à la levée des "blocus sécuritaire et médiatique", la légalisation des partis qui le demandent, la cessation des pressions sur les associations et la promulgation d'une loi d'amnistie générale.Les grévistes avaient mis fin à leur mouvement durant le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), qui s'est tenue du 16 au 18 novembre à Tunis et annoncé ensuite la création d'un "collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés"."Nous avons soutenus ces demandes légitimes et avons été solidaires avec les grévistes, mais maintenant nous refusons de marcher dans un mouvement politique qui intégre Ennahda", a expliqué M. Ben Romdhane.L'attitude observée à l'égard d'Ennahda est devenue la pomme de discorde entre les opposants tunisiens, d'autant que ce parti interdit et démantelé a refait surface avec la libération de certains de ses dirigeants lourdement condamnés au début des années.

 

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