Parti du Travail Patriotique et Démocratique

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Le Temps 25/06/2007 et 06/07/2007

Corps des métiers:

 Prochaines élections chez les avocats: Me Mohamed Jmour, candidat à la présidence de la section de Tunis

 

Membre du Conseil de l'ordre sortant, Me Mohamed Jmour a occupé le poste du secrétaire général du Conseil de 2001 à 2004 et il a été membre de la section de Tunis de 1998 à 2001.

 Aujourd'hui, il se présente pour la présidence de la section de Tunis dont les élections auront lieu le 8 juillet prochain. Une section qui compte 3700 avocats sur les 6000 inscrits au barreau.

 Interview.

 Le Temps : Quels sont les grands axes de votre programme électoral ?

Me Mohamed Jmour : Je tiens à préciser que ce programme doit être approuvé par l'ensemble des membres de la section. Je n'ai pas un programme personnel. Il y a le programme de la section et il faut que les membres de la section y adhérent. En plus le président et les membres de la section doivent agir dans le cadre de l'ordre national des avocats. Donc ce programme doit être approuvé et appuyé par le Bâtonnier et le Conseil de l'ordre. Ceci est très important parce que le président de la section ne doit pas agir en concurrence avec le Bâtonnier et avec le Conseil de l'Ordre. Le président de la section a des attributions qui sont fixées par la loi.

 • Vous n'avez pas de programme, mais vous avez un plan de travail que vous allez concrétiser si vous êtes élu. Quelles-en sont les grandes lignes ?

- Je veillerai à ce que les tâches attribuées au président de la section soient partagées entre les membres du Conseil de la section notamment celle de la taxation, de la discipline et de la commission d'office, je veillerai à améliorer les conditions d'exercice de mes confrères. J'interviendrai pour aplanir les difficultés et les obstacles que d'aucuns dresseraient  devant eux. Je veillerai à ce que les droits de la défense, tels que prévus par la loi, soient respectés. Je ne pourrai tolérer que ces droits soient bafoués.

Je précise que les conditions d'exercice du métier d'avocat, sont tributaires du budget alloué au service public. Donc l'amélioration passe par l'augmentation du nombre des magistrats, par le recrutement de greffiers, par la construction de tribunaux décents, par l'équipement des tribunaux de moyens nécessaires pour une bonne marche du service public de la justice. A cet effet, j'appelle les pouvoirs  publics à augmenter le budget alloué au ministère de la Justice afin que les droits des justiciables soient bien garantis. Une bonne marche de la justice nécessite la transparence qui renforcera la confiance du justiciable en le système judiciaire et la confiance du justiciable en l'avocat.

 • Mais concrètement que comptez-vous faire ?

- Premièrement, je demanderai l'augmentation de l'indemnité accordée aux avocats commis d'office. Deuxièmement, j'organiserai des cycles de formation pour notamment la rédaction des contrats, des actes judiciaires, les statuts, la plaidoirie. Troisièmement, je veillerai à organiser des cours de langues pour tous les avocats et en particulier les jeunes.

Quatrièmement, je veillerai avec le concours du conseil de l'ordre à ouvrir de nouveaux horizons aux avocats et surtout les jeunes en leur offrant la possibilité d'effectuer des stages dans des cabinets d'avocats arabes et européens dans le cadre des conventions qui lient notre conseil de l'ordre aux conseils de l'ordre étrangers.

Cinquièmement, je veillerai à ce que les honoraires des avocats soient améliorés et je crois qu'il est temps de penser à nous doter d'un barème qui fixe les honoraires minimas, cette idée doit avoir l'approbation des avocats. Sixièmement, je crois que la situation de la profession d'une manière générale et de l'ordre particulièrement doit faire l'objet d'une restructuration. Je suis convaincu qu'il faut doter chaque cour d'appel de la section de Tunis (Le Kef, Bizerte, Nabeul et Tunis) d'une section. La section de Tunis chapote actuellement presque 4000 avocats. Les avocats installés dans le grand Tunis sont au nombre d'environ 3000. Aucun président de section quel que soit l'effort qu'il puisse déployer et le temps qu'il puisse consacrer, ne peut gérer une section qui s'étend sur douze gouvernorats. Cette restructuration doit s'effectuer dans un cadre plus général. Celui de la refonte des structures de la profession.

Septièmement, j'organiserai des conférences de déontologie et j'espère bien que le Conseil de l'ordre accepte que la présence à un nombre déterminé à ces conférences devienne une condition exigée pour le passage du statut de l'avocat stagiaire à celui de l'avocat auprès de la cour d'appel.

 • Aujourd'hui, la déontologie est-elle respectée ?

- La majorité des nouveaux avocats ont accédé à la profession avec leurs diplômes. Ils n'ont pas reçu de cours de déontologie. Donc, ils ne connaissent pas les règles régissant la profession et malheureusement nous avons relevé chez les encadreurs de ces jeunes très peu d'intérêt pour cette question. Là, je précise que le non respect des règles de déontologie n'a pas été remarqué essentiellement chez les jeunes avocats non il a touché les différentes générations. Les structures de la profession ont l'obligation de rappeler à tous les avocats la stricte observation des règles de la déontologie.

 • Que proposez-vous en ce sens ?

- Dans cet ordre d'idées autant je defenderai mes confrères à l'égard de tous ceux qui bafouent leurs droits autant je defenderai la profession avec la même détermination contre ceux qui de l'intérieur lui portent préjudice. Mais j'appelle la magistrature à prendre en considération la détermination du Conseil de l'ordre pour moraliser la profession et cesse de rendre des décisions judiciaires qui encouragent ceux qui pratiquent "le courtage", qui ne respectent pas leurs structures et qui nuisent à leurs clients.

 • Dans cette campagne électorale pour la présidence de la section de Tunis il y a eu quelques dérapages qu'en pensez-vous ?

- Moi, je mènera campagne avec dignité et je respecterai mes confrères et leurs choix je ne suis qu'un candidat parmi d'autres. Les confrères vont nous juger sur la base de notre compétence professionnelle et sur la base de notre expérience dans les structures.

 • Quel est d'après vous le profil du Bâtonnier qui convient le mieux à la profession ?

- Celui qui possède une véritable compétence professionnelle, pouvoir de rassembler, de fédérer, le refus du copinage, l'indépendance et surtout un bâtonnier qui ne va pas travailler uniquement pour être réélu.

 

 Suite (publiée le 06/07/2007)

 Le Temps : Si vous êtes élu quelles sont les premières mesures auxquelles vous procéderez ?

Me Mohamed Jmour : Je demanderai au Conseil de l'Ordre d'adresser immédiatement un mémorandum aux autorités comprenant nos demandes les plus essentielles, dont l'augmentation de l'indemnité accordée aux avocats stagiaires commis d'office et la publication du décret relatif à l'aide juridictionnelle et surtout l'élargissement du champs d'intervention des avocats.

 Le Conseil devra également trancher, d'une manière claire et non équivoque, la question de couverture contre le risque maladie. Il doit assumer ses responsabilités, faire preuve de courage et choisir l'une des solutions qui se présentent aux avocats. Cette solution ne recueillera, certainement pas, l'assentiment de tous, mais elle doit contenter le maximum d'avocats.

Je demanderai aux autorités de reconsidérer leur position quant à l'institut de formation des avocats et de se réasseoir autour de la table de négociation pour trouver une solution qui garantisse l'indépendance du barreau et de cet institut, tout en maintenant le financement public de l'établissement.

Je défendrai les règles de déontologie et prendrai les mesures appropriées à l'égard de ceux qui portent préjudice à la profession, à son honorabilité, à la confraternité et à l'égard de ceux qui ont osé ou osent entamer le respect que doit tout avocat aux structures de la profession et à ses symboles.

J'étudierai toutes les plaintes en suspens et classerai toutes celles qui me paraîtront infondées et sans moyens de preuve.

Je trancherai toutes les demandes de taxation dans un esprit d'équité en prenant en compte l'intérêt de l'avocat et les droits du justiciable.

 . Quels sont les points forts de votre programme ?

-J'ai évoqué les points forts de mon programme dans l'interview que j'ai accordée au journal "Le Temps" paru le 25-6-2007.

  . Commentez-nous l'élection du nouveau bâtonnier, avec qui vous allez travailler au sein du Conseil de l'ordre ?

- Je n'ai pas été surpris par le résultat du premier tour. Maîtres Essid et Dhrif partaient, en effet, favoris pour se retrouver au 2e tours. Le premier s'étant beaucoup déployé dans sa campagne électorale, il a fait plus d'une fois le tour de la Tunisie pour solliciter les voix de ses collègues, en plus il a un réseau d'amis inconditionnels établi sur tout le territoire.

Le second a bénéficié du soutien de la majorité des avocats militants du RCD. Sans qu'il les ait nécessairement sollicité. Au second tour, il était clair que le résultat était difficile à pronostiquer et allait être étriqué, d'autant plus que les reports de voix pour les 2 candidats n'étaient ni automatiques ni évidents.

En effet, Maître Essid ne faisait pas l'unanimité, parmi les avocats non affiliés au RCD pour des raisons multiples. Et le fait que le RCD a exprimé publiquement son soutien aux candidats Dhrif et Chokki a découragé exclus de la bienveillance du RCD les a découragés à soutenir Me Dhrif au second tour.

Finalement, les jeunes avocats (stagiaires et avocats près les cours d'appel) les plus touchés par la crise que connaît l'avocatie ont, le candidat qui s'est engagé publiquement à revendiquer, par tous les moyens, l'élargissement du champs d'intervention des avocats auprès des pouvoirs publics et a dénoncé l'exclusive qui frappe les avocats non affiliés au RCD de représenter et défendre et conseiller les entreprises publiques.

 Interview réalisée par

Néjib SASSI

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