Parti du Travail Patriotique et Démocratique

Liberté   Justice   Progrès   Egalité

 

DECLARATION DE PARTIS DE GAUCHE TUNISIENS

 

La situation politique dans notre pays a été marquée dans la dernière période par une escalade sans précédent, à laquelle s’est livré le pouvoir avant comme pendant et après le SMSI. Face à cette escalade, nombre de partis politiques, d’organisations civiles ainsi que de larges franges de la société, se sont mobilisés pour défendre les revendications nationales et démocratiques et protester contre la politique répressive et les atteintes aux droits et aux libertés. C’est ainsi qu’on a vu se multiplier les grèves professionnelles et les grèves de la faim ainsi que diverses formes de lutte menées par les ouvriers, la jeunesse estudiantine, les militants des droits de l’homme et les élites dans divers secteurs et diverses régions du pays.

Les principales revendications mises en avant concernent le droit d’association et d’organisation, la liberté d’expression et d’information, l’amnistie générale et la libération des prisonniers politiques, à côté de revendications économiques et sociales et de l’opposition à la normalisation des relations avec Israël.

Cela s’est accompagné d’une vague de réprobation et de préoccupation exprimées par divers milieux internationaux face à la situation faite aux libertés dans notre pays.

On était en droit d’attendre du pouvoir des mesures concrètes à même d’assainir le climat politique et de créer les conditions pour un véritable dialogue national sur les problèmes majeurs relatifs aussi bien à la gestion des affaires nationales qu’à la politique extérieure du pays, un dialogue ouvert à tous, partis et organisations, et permettant d’aboutir à des réformes substantielles et concrètes.

Mais rien de sérieux n’a été fait dans ce sens. Bien au contraire, les revendications urgentes de l’opposition démocratique, qui expriment  les attentes légitimes de la société, continuent à être ignorées, et on a vu même se succéder des signes de durcissement et de fermeture, parmi lesquels l’organisation au début de ce mois d’un simulacre de congrès dans le but de liquider la Direction  légitime de l’Association des Magistrats.

Face à cette situation, s’il existe un accord unanime au sein de l’opposition nationale sur la nécessité d’assumer son rôle historique dans la lutte pour la défense des revendications populaires, les points de vue divergent cependant quant aux perspectives, aux moyens et à la stratégie à suivre pour la réalisation des objectifs démocratiques.

Pour leur part, les parties constitutives de l’opposition démocratique et progressiste soussignées, envisageant cette situation dans un esprit responsable, considèrent que le changement du rapport des forces au profit de la transition vers une société démocratique et juste passe par la construction d’un pôle démocratique et progressiste capable de lever haut la bannière de la lutte pour les revendications nationales et démocratiques, d’agir pour faire participer les plus larges secteurs de la population à l’action politique et sociale et dépasser le cadre élitiste et isolé, de rompre avec les solutions toutes faites plaquées sur la réalité et de rassembler les énergies autour d’un projet de société moderniste et progressiste qui consolide et développe les acquis d’émancipation et protège l’indépendance de la décision nationale contre toutes les velléités d’hégémonie étrangère.

Il   s’agit  d’un projet  qui  se  démarque  des   tentatives  de  faire  passer  des solutions trompeuses fondées sur l’instrumentalisation de la religion dans la lutte politique, et  d’imposer  des  alliances  sans  principe qui  portent  atteinte  aux   fondements  de l’alternative démocratique, en prenant des décisions unilatérales nuisibles à l’unité du mouvement démocratique, en s’appuyant sur des forces hostiles au projet démocratique et progressiste - qui ont accentué ces derniers temps leur campagne de dénonciation et de dénigrement contre toute orientation moderniste et rationaliste éclairée - et en contribuant à nourrir la tendance à privilégier le recours au soutien extérieur aux dépens de la mobilisation des forces vives nationales.

Conscientes de leur responsabilité, les parties constitutives de l’opposition démocratique soussignées ont décidé d’accélérer leur concertation pour la fondation d’une coalition démocratique progressiste par la formulation des revendications nationales politiques et sociales dans toutes leurs dimensions en un projet de document commun qui sera soumis à une discussion organisée entre les initiateurs et avec les plus larges secteurs de l’opinion démocratique et nationale : partis, associations , groupes et individus. Cette coalition proposera, sur cette base, un programme de lutte pour la réalisation de ces revendications ainsi que le cadre  structurel capable de mener cette lutte dans les conditions optimales. Elle fixera une échéance pour la tenue d’une conférence nationale pour l’approbation de ce document commun, le choix de la structure unitaire et de l’appellation  définitive à lui donner, tout cela dans une démarche démocratique animée par un esprit constructif d’ouverture  et un souci d’efficacité qui favorise le consensus dans le respect de la diversité et de la pluralité fructueuses.

Se plaçant dans la continuité avec l’héritage du mouvement démocratique et patriotique dans notre pays, une telle convergence démocratique ouvrira des perspectives réalistes d’action et nourrira l’espoir de voir se réaliser dans un avenir proche les aspirations à la liberté, à la justice sociale, à l’égalité et au progrès dans notre pays .

 

Tunis, le 12 décembre  2005

 

-          L’INITIATIVE/ COALITION  DEMOCRATIQUE et PROGRESSISTE.  (Mouvement Ettajdid; Communistes Démocrates;  Indépendants, Parti du Travail Patriotique et Démocratique )