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Communiqué de l’Appel franco-arabe suite à la pendaison de Saddam Hussein 30 décembre 2006 À cela s’ajoute le fait que sa mort a été décidée un jour férié en Irak, ce que l’on ne peut comprendre autrement que comme un acte de provocation. Si, dans leur vision simpliste, les occupants de l’Irak avaient voulu diviser les Irakiens, ils ne s’en seraient pas pris autrement. Par ce « procès », et la pendaison qui a suivi, on a ôté aux Irakiens la possibilité d’examiner et de débattre de la longue période au cours de laquelle Saddam Hussein a exercé les fonctions de Président de la République d’Irak, État reconnu internationalement depuis la création de l’ONU, et dont l’Irak fut un des fondateurs. Ceux des citoyens irakiens qui ont cru judicieux de servir un envahisseur étranger pour trancher des problèmes intérieurs ont découvert dès 2003, avec les centaines de milliers de morts, les pillages de leur patrimoine culturel et économique national, les assassinats de leurs hommes de sciences et de civils, l’émergence de « milices » autoproclamées, les tortures et les prisons secrètes, etc. à quel point on s’était joué d’eux de façon cynique et criminelle. La pendaison de Saddam Hussein « couronne » ce processus, alors même que, de mois en mois, les forces de la résistance à l’occupant augmentent en force et en unité, malgré les provocations, et les tentatives de créer des divisions artificielles, sectaires ou tribales. La pendaison de Saddam Hussein constitue également une nouvelle atteinte à l’état de droit, ce qui lance un défi à toutes les nations libres. Car l’agression dont a été victime l’Irak en 2003, sans déclaration de guerre préalable et sans consensus international, constitue une atteinte au droit international. Le gouvernement irakien reconnu internationalement n’ayant pas signé d’acte de capitulation, il faut rappeler que le droit et les institutions irakiennes en place au moment de l’invasion sont toujours légales au regard du droit. Et aucun occupant n’a le droit de modifier les structures, les lois et les institutions nationales tant que dure l’occupation et qu’un gouvernement national unanimement reconnu n’est pas reconstitué. Le droit irakien a été violé à de nombreuses reprises depuis 2003 par les envahisseurs, la pendaison de Saddam Hussein venant s’ajouter à ces graves violations successives. Seul un peuple irakien libre de présence occupante aurait eu le droit de mettre Saddam Hussein en jugement. Mais, depuis l’aube de l’humanité, on n’a jamais vu un occupant réussir à changer durablement la composition et le cours de l’histoire d’un peuple. La vérité finit toujours par triompher. Tôt ou tard, ce peuple redevient maître de son destin et juge librement sa propre histoire. La signification du rôle joué par Saddam Hussein dans l’histoire de l’Irak appartient et appartiendra au peuple irakien, dans toutes ses composantes. Saddam Hussein a présidé au destin d’un Irak unifié, et qui a connu un grand bond dans son développement économique, social et culturel. Il a mené des combats et des politiques intérieures et extérieures que chaque Irakien a le droit de juger, et lui seul. Pour ce faire, encore faudrait-il que son pays soit libre de présence armée étrangère et que les conditions d’une confrontation équitable d’opinions libres, et a fortiori d’un débat juridique, soient garanties. La parodie de procès rappelant les années les plus sombres des dictatures du XXe siècle à laquelle nous venons d’assister constitue une injure pour le peuple irakien, et pour toute la communauté internationale des peuples libres. Elle vise à créer des blessures supplémentaires dans le corps déjà meurtri du peuple irakien et de la nation arabe. Mais le peuple de Sumer, de Babylone et d’Assyrie, le peuple qui a construit Bagdad et Samarra, le peuple qui s’est relevé de la monstrueuse occupation mongole a toujours su sortir de chacune de ses épreuves plus fort et plus uni qu’auparavant. L’Appel franco-arabe souhaite que, cette fois-ci encore, les forces vives de la société irakienne surmontent l’épreuve actuelle pour assurer l’indépendance, la souveraineté et l’unité de tout l’Irak, élément indispensable à l’équilibre et au développement de tout le monde arabe. Paris, le 30 décembre 2006 Le Conseil d’administration de l’Appel franco-arabe
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